Démarche artistique

Pour mon troisième album de jazz en français, j’ai eu envie de chanter uniquement la langue de chez nous. Je voulais à la fois faire une incursion dans le passé, en puisant dans mes racines musicales, et satisfaire la chanteuse de jazz que je suis devenue.

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours chanté. Je me revois entonner Quelle belle vie sur la balançoire de mon école maternelle. La musique occupait une place de choix dans ma famille. Ma grand-mère, ma mère, mes tantes et mes oncles chantaient dès que l’occasion se présentait. Et des occasions, je peux vous dire qu’il y en avait chez les Deblois, du côté de ma mère!

J’étais très jeune quand ma tante Francine, chanteuse, guitariste et enseignante de métier, m’a appris mes premiers accords, ce qui m’a permis de chanter les plus belles chansons de l’époque en m’accompagnant. Mon père jouait de l’accordéon et, plus jeune, il avait été saxophoniste dans un orchestre de danse. Grâce à la présence de ses nombreux amis musiciens, notre maison était souvent remplie de musique et de joie. Maman courait les concours amateurs de la région et nous y inscrivait, ma sœur et moi. Quand je repense à ces bons moments de ma jeunesse, je me sens vraiment privilégiée d’être née dans une famille où la chanson et la musique étaient si présentes. Quel bel héritage!

Le jazz est entré beaucoup plus tard dans ma vie. Or une des choses qui m’a donné le goût de chanter du jazz, c’est la liberté de reprendre une pièce et de me l’approprier totalement en changeant son tempo, sa tonalité, son harmonie et même sa mélodie, tout en respectant son essence et les émotions qu’elle véhicule.

Cet album réunit des chansons du répertoire québécois que je considère parmi les plus belles. Je les ai choisies à la fois pour leur poésie et leur musicalité. J’espère que vous aurez autant de plaisir à redécouvrir ces trésors que nous en avons eu à les interpréter.

CarolineXX